Tinder, le meilleur du pire (#JeanMike)

Janvier 2017: Jean-Mike, le faux-cool qui bosse dans les médias

Jean-Mike a 36 ans, de grands yeux bleus, quelques cheveux blancs et un amour pour la bonne musique qui sans réfléchir, guide mon doigt vers un pouce vert. Son profil laisse entendre qu’il bosse pour une célèbre radio (que j’adore), et qu’il possède une culture plutôt fournie. Physiquement pas top, mais tout le reste fait envie.

MATCH

On échange rapidement quelques messages qui me donnent l’impression qu’on se connait déjà. Confiant de voir nos connivences communes, il me donne son numéro. Débute alors une courte histoire épistolaire, ponctuée de paroles d’AC/DC, de souvenirs de concerts et des bienfaits du BIO/local dans cette société d’hyper-consommation. J’acquiesce poliment, car je suis plutôt d’accord, mais ne préfère pas avouer que, par flemme et manque de temps, mes repas sont essentiellement composés de Picard ou petits plats faits et surgelés par ma mère…
Nous nous écrivons toute la journée et, plutôt naturellement, prévoyons de nous voir le lendemain soir autour d’un verre.

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LA RENCONTRE

Là… c’est le début du drame. J’avais googlelisé son nom pour tenter de voir à quoi il ressemblait en 3D et ça avait l’air d’aller. Mais depuis, il semblerait que la rupture avec sa femme l’ai flingué ! Jean-Mike mesure approximativement 1m50 (je ne suis ni basketteuse ni un Oompa Loompa mais préfère ne pas être la plus grande), et il n’a visiblement pas été livré de son panier BIO/local depuis quelques temps (rapport a ses jambes qui avaient du mal à remplir son pantalon). Je ne juge pas… je constate juste le décalage entre le profil et la vérité. Il est important de noter également que le BIO/local ça donne visiblement mauvaise mine… 
Jean-Mike, super fier de lui me salue de manière très joviale, comme pour dissimuler la loose de ce qui allait suivre. Mon cerveau reptilien vient de s’allumer, la soirée va être longue… Il propose tout content d’aller boire un verre (à 21h45, alors que je sors du sport, et que je n’ai pas mangé) dans un espèce de restau prolo et super bruyant… Odeur de frites et besoin de beugler pour s’entendre: I-DE-AL. On nous installe donc à une table ou Jean-Mike insiste pour que nous soyons assis côte à côte. Peut-être trouvait-il cela sensuel… perso j’étais focus sur l’odeur de frites. 
Sentant la soirée venir, je commande un verre de vin liquoreux qui monte à la tête surtout quand tu n’as rien dans le ventre. Jean-Mike lui, commande une infusion… Le cool n’a pas d’heure.

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Il se marre, précise qu’il n’aime ni l’alcool, ni la viande, ni la nourriture industrielle, ni la société de consommation, ni la politique, ni les patrons… bref Jean-Mike n’aime rien à part sa putain d’infusion. Ce qui ne l’empêche en rien de débuter un monologue sur sa vie. Tout commence par un rendez-vous pôle emploi ce matin (toujours aborder son chômage au premier rencard, c’est important), sa difficile scolarité étant enfant qui s’enchaîne sur un travail cool dans les médias trouvé dans un canard de l’époque. Jean-Mike insiste lourdement sur le pire mot que l’histoire ait crée pour donner de la contenance à l’incompétence: JE SUIS AUTODIDACTE.
Nous enchaînons rapidement sur la théorie du complot, les tours du 11 septembre qui explosent d’en bas et non à cause des avions, les grippes annuelles prévues pour faciliter le recensement, et les antibiotiques qui aident à affaiblir le peuple… quand Jean-Mike s’intéresse soudainement à moi, de la meilleure des façons:


J.M: « C’est marrant que tu portes du noir. Tu aimes le noir? C’est triste le noir non? C’est un moyen pour toi de disparaître? Ou de cacher tes formes? »

 

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La classe, comme le cool, n’a pas d’heure. Je réponds poliment que je n’ai pas assez de temps libre pour analyser le choix de couleur de mes vêtements, et que si le noir cache les formes, je venais en tout cas de comprendre pourquoi il porte un pull bleu ciel (un pull bleu ciel…).

ET ENSUITE ?


Honnête et digne, je montre à Jean-Mike que le restaurant va fermer, et lui explique que je suis attendue chez une amie. Il souffle, car avait encore plein de choses à partager avec moi, mais accepte de quitter la table. Arrive l’addition, et d’un très classe  » On fait moit-moit hein, parce que bon… » (comprendre : parce que bon 3 euros c’est 3 euros hein !), Jean-Mike me glisse l’appoint au centime près de son infusion, et me laisse régler mon unique verre de vin.
Dehors c’est la Sibérie, prétexte idéal pour ne pas s’éterniser et fuir. Après un rapide au revoir, Jean-Mike termine cet entretien en beauté par un « Allez j’y vais hein, parce que bon j’ai au moins 15 minutes de marche hein ! ».

Peut-être Jean-Mike espérait-il que je le ramène à pied…?

 

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