Tinder, le meilleur du pire (#Bruce)

Octobre 2016 : Bruce, l’homme avec un gros complexe.

Bruce (oui, c’est pas son vrai prénom, vous vous en doutez) a 27 ans et travaille dans la finance. Il est grand, brun, barbu et a des yeux verts à tomber. Sur tinder toutes ses photos sont avec une ou plusieurs femmes. Il a l’air de faire pas mal la fête, en tout cas, de passer beaucoup de temps avec ses ami(e)s.

MATCH

Normalement, je ne match pas ce genre de profil, mais voilà, lors d’une soirée, mes potes, qui aiment jouer avec mon Tinder, ont décidé de le faire à ma place.
Le lendemain de la fameuse soirée, un mec vient me parler, je n’ai aucun souvenir d’avoir vu son profil (normal, je ne l’avais pas vu) mais je lui laisse une chance.
On discute, ça accroche bien. Il y a tout de suite un jeu qui s’instaure entre nous. Il veut me voir le soir même.
Pas folle, je lui dis que je ne suis pas disponible avant le mercredi. Le rdv est donc pris.

LA RENCONTRE

Pour rappel, Bruce bosse dans la finance. Il a donc des horaires très impossibles et doit me tenir au courant de l’heure à laquelle on peut se voir. Me voilà donc toute préparée le mercredi soir, attendant son feu vert pour aller le rejoindre.
20h, il est toujours au boulot. 20h30, encore au boulot. 21h, il parvient à s’échapper et me donne rdv à 21h30 dans un bar en bas de chez lui.

Nous voilà à discuter de tout et de rien pendant 1h30. Il est beau, intelligent, intéressant… Tellement qu’on finit par monter chez lui…
On continue de discuter et une chose en entraînant une autre, on termine dans son lit. C’est bien, c’est très bien. Jusqu’au moment où il se rend compte qu’il n’a pas de préservatif.
Bon, tant pis, on se contentera de préliminaires. C’est doux, c’est agréable, il est 2h du matin, nous sommes dans les bras l’un de l’autre et là “Je vais t’appeler un Uber pour que tu puisses rentrer”.

“Oui, tu comprends, je bosse tôt demain matin et j’ai besoin de sommeil. Désolé.”

Me voilà donc, à 2h30 du matin, à remettre ma robe et mes bas. Et après quelques bisous et promesse de se revoir vite, me voilà dans le Uber.
Ne pouvant m’en empêcher, je lui envoie un message lui disant que j’aurai bien aimé dormir avec lui, même si ça avait voulu dire me lever tôt.

“Désolé, mais je n’ai pas dormi avec une fille depuis 3 ans. Je ne peux pas. Et je ne peux pas te dire pourquoi.”

giphy

Je rentre donc chez moi, me demandant ce qui peut bien l’empêcher de dormir avec quelqu’un. J’imagine un traumatisme, une histoire choquante. Je respecte son envie de ne pas en parler.

Nous continuons donc à nous voir quelques temps. Tout se passe bien. Au lit c’est parfait, on parle tout le temps. Les deux seuls problèmes sont : son emploi du temps de ministre (ou de mec dans la finance) et le fait qu’on ne dorme pas ensemble.

Deux mois plus tard, c’est la rupture. Son emploi du temps est trop compliqué à gérer. Il n’est jamais disponible. On fini par s’engueuler là-dessus et on décide d’arrêter de se voir.

Sauf qu’au bout de deux-trois semaines, il reprend contact. Il a envie de me voir. Ca tombe bien, moi aussi. J’en ai marre de me morfondre à manger du chocolat en le stalkant pour voir si par hasard il ne penserait pas à moi après tout.

On se revoit. C’est toujours aussi bien. Le sexe, les discussions…

Et le retour en Uber à 1h du matin, oui, malgré tout, le câlin pendant la nuit et le petit-dej au lit, c’est pas pour tout de suite.

Son emploi du temps est toujours autant compliqué et cette relation recommence déjà à beaucoup me frustrer. Je veux bien ne pas dormir avec, mais il faudrait quand même que les choses évoluent. L’impression de n’être qu’un plan cul ne me convient pas du tout.

Nouvelle engueulade, nouvelle rupture.

Normalement, à ce moment de l’histoire, vous vous demandez où je veux en venir, quel est le rapport avec le titre et surtout, qu’est-ce que j’aime me compliquer la vie.
Et en effet, comme j’aime me compliquer la vie, ben je le recontacte (Oui, cette fois-ci, c’est moi qui craque) au bout de deux semaines.

Et là, beau prince, il me dit qu’il a envie de me voir, mais qu’il va me faire du mal, qu’il est incapable de s’engager, qu’il a des choses à régler, que si je savais, je fuirais… blablabla.

Evidemment, je suis persévérante (parce que j’aime toujours autant me compliquer la vie) et à force de compliments et de discussion, je finis par avoir le fin mot de l’histoire, LA RAISON qui l’empêche de dormir avec moi…

Pour le coup, j’avais un peu tout imaginé : une ex violente, des cauchemars récurrents, qu’il devenait Batman la nuit, tout, mais pas ce qu’il m’a avoué.

Il m’a avoué…. qu’il avait une calvitie précoce.

Oui, oui, vous avez bien lu, une calvitie précoce.
Le petit Bruce perd ses cheveux depuis quelques années et utilise diverses poudres et astuces pour camoufler ça. Du coup, impossible de dormir avec lui sans voir la supercherie.

Et s’il ne peut pas s’engager, c’est à cause de ça. Il ne s’imagine pas construire une relation tant qu’il n’a pas réglé ce complexe…

Me suis-je moquée ? Non, parce que c’est pas sympa. Est-ce que ça nous a beaucoup fait rire avec les copines ? POSSIBLE.

Ce petit détail ne m’ayant visiblement pas fait fuir (oui parce qu’en fait, j’en ai rien à foutre de ses cheveux) nous avons continué à nous voir.
Puis vient un soir où on doit se voir, j’arrive chez lui vers 21h30, alors qu’on devait se voir à 20h30, mais je suis habituée et il me dit qu’il doit passer un coup de téléphone important pour le boulot.

Bon, la soirée romantique s’annonce mal. (Oui, le sexe c’est romantique)

Je m’installe donc pour lui masser le dos (oui, je suis sympa comme meuf) pendant qu’il s’énerve au téléphone en anglais (c’est presque sexy) pendant 2h30 (c’est beaucoup moins sexy).
Il est plus de minuit, normalement c’est l’heure à laquelle il commande le Uber pendant que je me rhabille.

On discute un peu, je me dis qu’il va bientôt me dire de partir, et là :

“Tu veux rester dormir ici ?”

Ai-je mal entendu ?! A-t-il vraiment proposé qu’on dorme ensemble ?!

Non, je n’ai pas rêvé, il me propose bien de passer la nuit là, sa voix toute tendue.

Je saute évidemment sur l’occasion (et pas que sur l’occasion d’ailleurs) et me voilà m’installant dans son lit.

Le voyant mal à l’aise je lui tourne le dos et nous nous endormons comme ça.

Le réveil du lendemain est stressant pour lui. Vraiment. Il me demande de partir avant qu’il ne se lève pour se préparer. Lorsque je vais pour l’embrasser, il maintient son bras au dessus de sa tête pour ne pas que je vois ses cheveux.
Je ne sais pas trop si c’est ridicule ou mignon (j’ai l’impression de souvent penser ça avec lui).

Je pars donc de chez lui à 7h30, le laissant se préparer et un peu déprimée par cette nuit et ce réveil un peu bizarre.

Et ensuite ?

Et bien on a continué mais rien n’a évolué, je n’ai jamais redormi avec lui.

Il fini par se décider à se raser le crâne…
Malheureusement ce changement capillaire ne lui a pas permis de mettre fin à son incapacité de s’engager, du coup, j’ai préféré le laisser seul avec son absence de cheveux.

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